mercredi 21 décembre 2016

13eme édition du festival Kaléta et des arts Agouda


La fête des masques démarre vendredi à Ouidah

La 13ème édition du festival Kaléta et des arts Agouda se tiendra les  23, 24 et 25 décembre 2016 sur l’esplanade du Fort français à Ouidah. Cette édition sera placée sous le signe de la lutte contre le paludisme et le comité d’organisation se prépare activement pour offrir de bons spectacles de fin d’année aux populations de la ville historique.

« Les enfants contre le paludisme » (Kids Against Malaria), c’est autour de ce thème que va se dérouler la 13eme édition du festival Kaléta et des arts Agouda. Selon le délégué général, Wilfried Houndjè, c’est un évènement qui vise à promouvoir et à valoriser le patrimoine culturel Afro-Brésilien à travers les masques Kaléta et Bourian, à renforcer l’intercommunalité et le rapprochement des communautés à travers le patrimoine culturel Afro-Brésilien. Comme les années antérieures, plusieurs activités seront au menu de cette édition. Il s’agit entre autres de l’atelier de fabrication artisanale de masques kaléta avec les enfants du Centre International d’Art et de Musique  de Ouidah (CIAMO) qui a déjà commencé, des jeux concours, du grand carnaval des enfants composé  des groupes kaléta, bourian, kpodji-guèguè, fanfare, des groupes d’animation traditionnelle. Des expositions, des visites touristiques et le grand spectacle qui sera animé par les enfants du CIAMO le samedi 24 décembre 2016 sur l’esplanade du Fort français sont aussi au programme.

Pour la petite histoire, les masques « Bourian et Kaléta » sont d’origine brésilienne et sont parvenus au Bénin dès la première  moitié du XIXe siècle  avec le retour d’esclaves libérés. Ils  ont essaimé le long de la côte béninoise, de nouvelles activités professionnelles que d’innovations festives acculturées dont Kaléta qui a résisté au temps.


Louis Tossavi

              Des élèves du CIAMO en atelier de fabrication de masques 

mardi 13 décembre 2016

Entretien avec la chanteuse béninoise Assy Kiwah au sujet de la relance de sa carrière


« Je suis toujours dans la même logique et je travaille »


De son vrai nom Mireille Missainhoun, Assy Kiwah est l’une des meilleures chanteuses de sa génération. Elle a un peu disparu de la scène musicale, mais depuis quelques temps, elle travaille pour la relance de sa carrière. Nous l’avons pris en interview la semaine dernière. L’artiste nous parle de sa carrière et de sa participation à l’édition 2016 de A capella en tant que membre de jury.


Vous disiez dans un entretien que nous avions eu avec vous en 2014 que vous avez pris la décision de revenir sur scène. Les Béninois attendent toujours ce retour et veulent avoir des informations sur  Assy Kiwah.

Je suis toujours dans la même logique et je travaille. J'ai fait un concert à Africa Sound City de Jah Baba en mai dernier. En Juin c'était à l'Institut Français dans le cadre de la fête de la Musique. Donc le processus suit son cours.

Pensez-vous  à la relance de votre carrière ?

Oui j'y pense et je travaille ardemment pour. Nous sommes dans un pays où il n'y a pas de maison de production. On se bat seul.


Des concerts ou un album en vue ?

Oui

Vous aviez activement participé à la 4e saison de ACapella. Racontez-nous un peu

Oui c'était une belle expérience. On a fait le tour du Benin à la rencontre de nouveaux talents. J'avoue que ce n'était pas évident mais avec les autorités de l'ORTB et surtout la production ça s'est bien passé. On s'en est bien sorti

C’était difficile de juger les prestations de ces jeunes ?

Oui assez difficile parfois car, il y avait de la matière. On était toujours dans l'embarras puisque la sensibilité et la technique devrait être prise en compte pour trier les meilleurs. C'était fastidieux.

Ces candidats avaient-ils du potentiel ?
Il y avait d'énormes potentialités.... Je profite pour remercier l'ORTB pour cette émission. Détecter des talents bruts et les travailler est très noble. Et vous verrez dans les prochaines années les résultats de cette initiative.

Votre appréciation de l’initiative et de son organisation

C'est une très bonne initiative. Je remercie la production qui n’a ménagé aucun effort avec les maigres moyens dont elle dispose. Je souhaiterais que les sponsors se bousculent sur a capella afin d'en faire un instrument puissant pour détecter les talents.

Selon vous, qu’est-ce qu’il faut corriger pour améliorer les prochaines éditions de ACapella?

Il faudrait simplement que l'ORTB ait les moyens à travers les annonceurs et les sponsors car c'est très lourd de mettre les candidats en résidence. L'organisation serait meilleure s’il y a plus de moyens. Je souhaite longue vie à l'émission a capella.

Louis Tossavi

                                             Assy Kiwah

2ème édition du festival national des médecins intellectuels traditionnels et assimilés du Bénin


Hommage aux enfants du Dahomey déportés pendant l’esclavage


Le Syndicat National des Médecins Intellectuels Traditionnels et Assimilés du Bénin (Sy.Na.M.I.Tra.A.B) organise du 06 au 09  janvier 2017 dans la commune de Ouidah, la 2eme édition du festival national des médecins traditionalistes autour du  thème « Hommage aux anciens Béninois et Béninoises déportés vers les autres terres du monde pour le repos de leurs âmes ».

Durant la période de la traite négrière, beaucoup d’enfants du Dahomey ont été déportés vers l’Europe et l’Amérique surtout. Ces derniers ont  pour la plupart servi dans des champs de Cacao et de canne à sucre. Ils  ont mené une vie de boy avant de trépasser. Des Béninois, notamment les membres du Synamitraab se souviennent encore de cette période douloureuse. C’est pour cela que dans le cadre des festivités devant marquer l’édition 2017 de la fête du 10 janvier, ces intellectuels traditionnels ont initié plusieurs activités pour non seulement rendre hommage aux âmes des disparus, mais aussi aider au renforcement de la cohésion entre les peuples. La ville de Ouidah a été choisie à dessein pour abriter ces manifestations, parce que c’est une localité chargée d’histoire, quand on parle particulièrement de la traite de l’esclavage. En effet, Ouidah, pour la petite histoire, a été le point d’embarquement des esclaves vers les Amériques. Sur les 11 millions d’Africains exilés par la traite occidentale, environs 2 millions sont partis du Bénin. Les esclaves étaient rassemblés sur une place pour y être vendus. Puis, ils parcouraient enchaînés les quelques kilomètres qui les séparaient de la plage. Enchaînés les uns aux autres, ils montaient dans des canots pour être entassés dans les cales des navires avant la longue traversée vers le Nouveau Monde. Ouidah constituait en effet l’un des principaux ports d’exportation d’esclaves et plusieurs pays européens étaient présents sur place disposant même des forts spécifiques (fort français, fort anglais, fort hollandais, fort portugais etc.). La porte du Non Retour devenue un grand site touristique est aujourd’hui un symbole de cette traite de la race noire et sa déportation. A en croire, le premier responsable national du Synamitraab, le vénérable Alphonse Dansou Gazozo,  « Ouidah est une ville historique qui a connu des moments de gloire et de difficultés. Mais courageusement, elle est sortie tête haute de toutes les difficulté ».

Perpétuer la tradition…

La première fête du 10 janvier a été célébrée à Ouidah sous la houlette des feus Sossa Guêdêhouguê et Daagbo Hounon avec le soutien de l’ancien Chef d’Etat Nicéphore Soglo. Certaines associations de Hounon, après la mort de ces deux grandes figures de la tradition au Bénin, ont tourné dos à la fête des religions endogènes. Celui qui a oublié son histoire ne peut certainement pas avancer. Le Synamitraab a décidé de célébrer chaque 10 janvier avec comme point de départ, l’organisation d’un festival qui a lieu dans la ville de Ouidah, suivi d’activités touristiques. La première édition a eu lieu l’année dernière avec succès où sages, notables et les populations étaient sortis nombreux pour participer à la messe de l’ « église de la sagesse africaine Djowamon » de Savalou. L’évènement avait aussi reçu le soutien sans faille de Daagbo Hounon Houna II. Nous sommes à quelques semaines de la fête du 10 janvier et une fois encore l’évènement aura lieu comme d’habitude dans la ville historique. L’objectif visé est d’aider au renforcement de la cohésion et de l’amitié entre les peuples, participer au développement du tourisme pour rester dans la logique de l’actuel régime qui entend faire du tourisme un levier de développement. Peuvent prendre part à ces manifestations, toutes les filles et tous les fils du Bénin sans exception. Des autorités à divers niveaux sont aussi attendues. Les préparatifs vont bon train. Une forte délégation du Synamitraab a d’ailleurs rendu visite à Daagbo HounonHouna II et à Sossa Guêdéhouguê II à Ouidah et à Sahouè Dotou avant-hier.

Louis Tossavi

                     Sur cette image des esclavages en train d'être déportés 

dimanche 4 décembre 2016

Yan Colince au sujet de l’opération « Bibliothèque Solidaire»



«Je me suis volontairement proposé comme Ambassadeur de ce projet »

Yan Colince est un journaliste béninois et passionné du livre. Il est l’auteur de l’œuvre l’Ivrogne de la Sorbonne. L’homme a initié depuis quelques semaines une opération de collecte de livres pour un projet de réalisation d’une Bibliothèque à Mèdédjonou, un arrondissement de la commune de Adjarra dans le département de l’Ouémé. C’est avec le soutien du Mouvement Leaders Solidaires de Mèdédjonou. Nous l’avons reçu en interview en début de semaine et nous parle l’évolution de l’opération. Il est également revenu sur la genèse de cette initiative appréciée par plus d’un.

Le Potentiel : Tu as initié l’opération Bibliothèque Solidaire de Mèdédjonou en collaboration avec le Mouvement  Leaders Solidaires de la localité. Qu’est-ce qui motive cette initiative ?
Colince Yann : Avant tout, merci de m’offrir la présente occasion de parler de cette initiative. Pour répondre à votre question, je dois faire une brève genèse. Au départ, il y a la volonté des ressortissants d’une localité, Mèdédjonou, de se retrouver ensemble dans un même creuset pour penser et panser les maux qui minent le développement de leur localité. Le creuset est trouvé : un groupe whatsapp qui permet de rassembler tous les ressortissants de Mèdédjonou, où qu’ils se trouvent, au Bénin ou dans n’importe quelle partie du monde. A partir de ce groupe whatsapp, ils ont mobilisé plus de deux millions six cent mille (2.600.000) francs pour offrir des cadeaux de Noël aux enfants de Mèdédjonou, en 2015. En août 2015, ils mobilisent plus de trois millions quatre cent cinquante mille (3.450.000) francs pour offrir des lots (moto, ordinateur, vélo, packs scolaires, frais de scolarité, etc.), aux meilleurs élèvent de cette localité aux examens nationaux de 2015. Etc. Tout ceci, de façon totalement désintéressée. J’ai été séduit par l’altruisme, l’humanisme, le volontariat et toutes les autres valeurs d’humanisme qui sous-tendent les actions de cette association. Quand j’ai entendu dire que cette association portait désormais le projet de doter leur localité d’une bibliothèque, je me suis volontairement proposé comme Ambassadeur de ce projet, avec l’ambition d’apporter ma modeste contribution à sa réussite. C’est ainsi que j’ai initié l’opération ‘‘Bibliothèque solidaire’’ pour collecter les livres au profit de ladite bibliothèque…

Comment est-ce que cette opération évolue depuis son lancement au siège de la Francophonie ?
Je dois reconnaître que les manifestations d’intérêt sont au-delà de mes propres espérances. L’opération a commencé le 14 novembre et doit officiellement s’arrêter le14 décembre. Je m’étais donné un mois pour collecter cinq cents livres. Mais aujourd’hui, deux semaines plus tard, l’objectif est largement dépassé.
Qui sont ceux qui peuvent contribuer à cette opération et quels sont les  types d’œuvres qu’on peut offrir?
Ceux qui peuvent contribuer, ce sont les acteurs de la chaîne du livre (écrivains, éditeurs, libraires, lecteurs), ce sont les institutions diverses, ce sont les bonnes de bonnes volontés. En un mot, c’est toute personne physique et/ou morale sensible à ce projet qui vise à rapprocher le livre du lecteur défavorisé. Pour la nature, nous acceptons toutes les œuvres, particulièrement les œuvres au programmes, les œuvres d’auteurs Béninois, toutes sortes d’œuvres éducatives, distractives, etc.

Combien d’œuvres ont été déjà collectées ?
Au moment où je vous réponds, la moisson est plutôt très bonne. Ceci grâce à la Direction des Arts et du Livre (Dal) qui a offert cent (100) livres ;  grâce au PDG de LAHA éditions qui a lui seul a gracieusement et gratuitement offert trois cents (300) livres ; grâce aux acteurs de la chaînes du Livre : Florent Couao-Zotti, Thanguy AGOI, Sophie Adonon, Habib Dakpogan, Daté Barnabé-Akayi, Carmen Todonou, Akofa HAHO, Rodrigue Atachoué, Stephens Akplogan, Elena Miro K., etc. (je ne peux les citer tous ici maintenant, mais je le ferai en d’autres occasions), qui ont manifesté un enthousiasme extraordinaire autour de cette opération. Sans oublier ces nombreux passionnés du livre de Natitingou à Porto-Novo en passant par Bohicon, Cotonou et autres, qui ont fait des dons, lesquels nous permettent d’être aujourd’hui à plus de sept cents livres collectés.

Après la collecte des œuvres, qu’en sera-t-il du bâtiment qui va abriter la bibliothèque, et combien coûtera-t-il à peu près?
Justement, c’est l’un des aspects qui m’a séduit dans la démarche de l’association qui porte ce projet, Les Leaders Solidaires de Mèdédjonou (LSM). La construction du bâtiment qui va abriter cette bibliothèque va coûter plus de cinq millions et c’est l’association qui mobilisera les fonds, grâce à l’extraordinaire sens de solidarité qui anime ses membres. Après, c’est vrai, il vaudra des soutiens pour aider à trouver les mobiliers et autres équipements nécessaires. Mais le minimum est un acquis, à savoir un local fonctionnel et des livres. Pour le reste, on avisera…

Un appel à lancer à ceux qui souhaitent accompagner le mouvement
Avant de lancer mon appel, permettez-moi de souligner un aspect important. En m’impliquant activement dans ce projet, je veux aussi, par cet engagement, rappeler que les réseaux sociaux ne servent pas uniquement à invectiver à longueur de journée ou à insulter les politiciens. Voilà une association, LSM, qui a fait ses premiers pas grâce à Whatsapp et dont les actions forcent l’admiration. Une association qui œuvre de manière totalement désintéressée, sans arrière-pensée politique. Je rappelle au passage que le vice-président de cette association n’est nul autre que le Lieutenant-Colonel Dieudonné Tévoèdjrè, l’actuel commandant de la Garde-Républicaine. Maintenant, je voudrais lancer un appel à tous, qui que vous soyez : soutenez ce projet d’érection d’une bibliothèque solidaire à Mèdédjonou, parce qu’en le faisant, vous rapprochez les jeunes des zones défavorisés de la connaissance et réduisez ainsi les limites de l’ignorance. Grâce à votre soutien, ce projet sera un succès et ce succès va créer le déclic et inspirer d’autres localités du Bénin…


Interview réalisée par Louis Tossavi

Yan Colince