mardi 21 mars 2017

Participation des As du Bénin au festival World Music and Dance aux Etats-Unis


«   Nous allons laisser des traces », dixit Stanislas Dègbo

La troupe les As du Bénin s’est envoilée le dimanche 19 mars 2017 pour Los Angeles aux Etats-Unis. Elle participe au festival World Music and Dance en compagnie de plusieurs pays du monde. Quelques heures avant leur départ de Cotonou, nous avions rencontré son président, Stanislas Dègbo qui nous parle dans cet entretien du processus qui a abouti au choix du Bénin et a fait part de leur détermination à vendre la destination Bénin à travers leurs prestations.


Comment est-ce que votre troupe a été retenue ?

Comme on a l’habitude de le dire chez nous, le travail bien fait est toujours payé et il faut aimer ce qu’on a choisi de faire soi-même. C’est ce qui a valu la sélection des As du Bénin Kanlintétémabou pour participer à un grand festival à Los Angeles aux Etats-Unis d’Amérique. Le festival est dénommé World  music and danse. J’ai été joint par un partenaire de l’Europe qui m’a fait part de ce que je devrais déposer un dossier pour mon groupe et surtout pour mon pays. C’est comme ça que j’ai envoyé un dossier des As du Bénin. Les critères étaient de voir le parcours de la troupe, la qualité de ses prestations et la richesse de la culture du pays qu’elle représente. Finalement nous avons été retenus parmi plusieurs pays d’Afrique qui ont aussi postulé comme la Côte d’Ivoire,  le Ghana, le Kenya qui aussi été retenu pour représenter l’Afrique à ce grand festival. C’est notre pays qui est à l’honneur. On dit As du Bénin, mais nous représentons toute une nation. Nous n’allons pas faire piètre figure. Nous allons donner le meilleur de nous-même,  histoire de continuer à décrocher ces invitations parce que c’est un festival auquel tout le monde n’a pas tellement accès. Selon ce que j’ai reçu comme information, c’est un comité qui siège pour les dossiers et qui procède à une sélection. C’est une chance pour le Bénin, pour les As du Bénin que je vais d’ailleurs remercier au passage. Ces artistes ont placé toute leur confiance en ma personne en tant que Chorégraphe et président de la troupe. Quand vous apprenez à des gens à danser, à jouer et qu’ils le rendent de façon mauvaise, c’est que vous êtes un mauvais maître. Je les encourage à faire mieux pour que nous puissions faire parler de notre pays au plan international. Ce qui me réjouit le plus¸ c’est que le gouvernement de la rupture, du nouveau départ ou du Bénin révélé veut œuvrer pour développer le tourisme béninois. Le président n’a jamais cessé de dire que nous devons vendre la destination Bénin. Donc par ces prestations que nous aurons à donner aux Etats-Unis, il doit y avoir forcément des touristes qui auront envie de venir chez nous. Ceci va aussi contribuer au développement de notre pays.

Quand on parle des As du Bénin, c’est combien d’années d’existence  et quels sont les grands prix obtenus à  travers le monde ?

Déjà à partir de notre pays le Bénin, les As n’ont jamais échoué à un concours depuis que la troupe est née il y a de cela 25 ans. A l’intérieur nous avons eu plusieurs prix. Je me rappelle du premier prix qui était un concours de danse, de chorégraphie dénommé Allouassi 94 où il y avait les plus grandes troupes du Bénin. C’était une initiative d’un ivoirien. Depuis, tous les concours auxquels on a pris part, nous avons toujours décroché des prix. En Europe¸ on a eu un premier prix en Espagne, lors de notre participation à un festival. Nous avons aussi décroché un prix pour les groupes de danse en herbe devant plusieurs autres pays d’Afrique comme le Ghana, le Nigéria etc. On a décroché pas mal de prix. Aujourd’hui, je suis fier de mon ensemble qui présente vraiment la culture béninoise avec une qualité de prestation qui est appréciée de tous les publics qu’on a eu à rencontrer dans notre vie artistique.

Vous serez combien de danseurs  à Los Angeles  pour représenter le Bénin?

J’ai pu sélectionner comme j’ai l’habitude de le faire 12 artistes, danseurs. Ça n’a pas été facile parce que la partie qui nous invite compte tenu de la cherté des billets d’avion  avait souhaité qu’on soit 10. Je leur ai dit que pour qu’elle est    la qualité et pour qu’il puisse avoir ce qu’ils ont vu en nous sélectionnant, il faut qu’on aille au moins à douze. Il s’agit de présenter et la musique et la danse. Et avant qu’on ne parle de chorégraphie, il faut un certain nombre de danseurs sur le podium, une seule personne ne fait pas une chorégraphie. Il y a une forte communauté béninoise à Los Angeles. Ils promettent venir nous soutenir et nous avons vraiment besoin de les satisfaire. Nous allons laisser des traces pour que les gens aient envie d’inviter des troupes béninoises.

 Le festival va démarrer quand et ça va durer combien de jours ?

Notre séjour c’est 15 jours. Dans la programmation qu’on nous a envoyée, les As du Bénin doivent prester normalement les 21, 23, 25 et 27 mars prochain. Nous avons deux jours de repos. Nous avons au moins 5 prestations à donner. Il y a des prestations de 12 minutes, 30 minutes et 40 minutes. Pour cette occasion nous avons choisi des danses comme le  ‘’Zinli’’, le ‘’Sato’’, ‘’le Sakpata’’, le ‘’Kaka’’, le ‘’Guèlèdè’’  et le ‘’Tèkè’’.  

Un dernier mot

Que la chance des Béninois nous accompagne afin que nous puissions les représenter valablement, parce qu’au-delà de tout, c’est le Bénin qui gagne.  Comme je l’ai dit au départ, nous n’allons pas faire piètre figure. A travers ce festival, nous allons démontrer que le Bénin est un grand pays et qui a une richesse incomparable, inestimable. Je dis merci aux journalistes culturels qui ne font que relayer ce que nous faisons. Sans vous, il n’y aura pas de visibilité sur le travail que nous faisons au niveau des troupes. Je remercie aussi le ministre du tourisme et de la culture Ange N’koué  pour son soutien moral. Je n’oublie pas notre parrain, M. Christophe Fangnon qui ne ménage aucun effort pour nous accompagner.   


Réalisation  Louis Tossavi

Stanislas Dègbo, président des As du Bénin

mardi 7 mars 2017

Supposé refus de la France de retourner au Bénin une partie de ses trésors royaux


Les négociations se poursuivent avec espoir

L’information est tombée dans la journée d’hier et a rapidement fait le tour du pays. Il s’agit du supposé  refus des autorités françaises de restituer au Bénin une partie de ses trésors royaux. Le ministère des affaires étrangères de la France estime que la France a ratifié la convention de l’Unesco de 1970 et que la loi n’est pas rétroactive parce que ces objets d’art dont parle le Bénin sont exposés dans les musées français depuis plus d’un siècle. Mais joint dans l’après-midi d’hier, le ministre du Tourisme et de la Culture a clarifié et a rassuré.

C’est le 27 juillet 2016 que les autorités béninoises ont officiellement formulé auprès des autorités françaises, la demande de leur restituer une partie des trésors royaux pillés lors de la colonisation. Le Bénin tient par-là à développer un tourisme ancré sur ses racines. A cette demande, les français ont répondu. Selon le ministère des affaires étrangères de la France, ils ont ratifié la convention de l’Unesco de 1970. Et puisque la loi n’est pas rétroactive, la restitution ne serait  pas au programme. Mais joint au téléphone dans la soirée d’hier, le ministre du Tourisme et de la Culture a tenu à clarifier les choses et a rassuré. « Notre Président a saisi dans un premier temps le Président François Hollande qui a demandé à ses ministres de prendre contact avec nous afin qu’on commette  un comité d’experts pour voir les thèmes de coopération qu’on peut mettre en place. Ils n’ont pas dit qu’ils refusent. Ils ont dit que ces biens sont soumis aux règles d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité  et d’insaisissabilité  établies par la loi française. C’est une loi et il faut que nous puissions réussir à la bousculer. Donc les autorités françaises nous attendent pour que nous puissions établir des coopérations dans le domaine des échanges des biens patrimoniaux. On va trouver une issue, il n’y a pas tellement de problème. Il y avait des conventions à signer. La dernière n’est peut-être pas prête, mais la convention de 1970 est prête et puis l’Unesco va aussi nous aider, nous n’allons pas le faire seul », a expliqué Ange N’koué. L’autorité reconnaît tout de même que  la tâche ne sera pas facile, mais il y a espoir, il ne faut pas s’inscrire dans le négationnisme. « De toutes les façons,  nous on n’est pas dans la négation. Nous sommes dans la positivité et puis nous pensons qu’à l’issue des échanges, quelque chose va changer. Il faut attendre qu’on revienne, parce que d’ici le week-end, nous serons en France pour rencontrer non seulement les autorités françaises, mais aussi le clergé français. Parce que les prêtres missionnaires ont aussi des biens qu’ils ont saisis et qu’ils ont emportés avec eux et exposés à Lyon. On a découvert un musée entier fait par les prêtres à Lyon bourré de ces objets. Le clergé béninois est intervenu déjà pour demander à son homologue de nous aider à faire revenir tout ça. Seulement qu’on ne peut pas sortir toutes ces lettres et mettre ça à la place publique pour éviter que cela suscite de débats », a-t-il ajouté. C’est donc pour dire que le Bénin n’a encore rien perdu de cette affaire qui s’apparente désormais comme une lutte qu’il faudra gagner à tout prix pour la sauvegarde du patrimoine culturel national.

Louis Tossavi


   Des récades d’anciens rois du Danxomè ramenés et exposés au petit       musée à Lobozounkpa