mardi 7 mars 2017

Supposé refus de la France de retourner au Bénin une partie de ses trésors royaux


Les négociations se poursuivent avec espoir

L’information est tombée dans la journée d’hier et a rapidement fait le tour du pays. Il s’agit du supposé  refus des autorités françaises de restituer au Bénin une partie de ses trésors royaux. Le ministère des affaires étrangères de la France estime que la France a ratifié la convention de l’Unesco de 1970 et que la loi n’est pas rétroactive parce que ces objets d’art dont parle le Bénin sont exposés dans les musées français depuis plus d’un siècle. Mais joint dans l’après-midi d’hier, le ministre du Tourisme et de la Culture a clarifié et a rassuré.

C’est le 27 juillet 2016 que les autorités béninoises ont officiellement formulé auprès des autorités françaises, la demande de leur restituer une partie des trésors royaux pillés lors de la colonisation. Le Bénin tient par-là à développer un tourisme ancré sur ses racines. A cette demande, les français ont répondu. Selon le ministère des affaires étrangères de la France, ils ont ratifié la convention de l’Unesco de 1970. Et puisque la loi n’est pas rétroactive, la restitution ne serait  pas au programme. Mais joint au téléphone dans la soirée d’hier, le ministre du Tourisme et de la Culture a tenu à clarifier les choses et a rassuré. « Notre Président a saisi dans un premier temps le Président François Hollande qui a demandé à ses ministres de prendre contact avec nous afin qu’on commette  un comité d’experts pour voir les thèmes de coopération qu’on peut mettre en place. Ils n’ont pas dit qu’ils refusent. Ils ont dit que ces biens sont soumis aux règles d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité  et d’insaisissabilité  établies par la loi française. C’est une loi et il faut que nous puissions réussir à la bousculer. Donc les autorités françaises nous attendent pour que nous puissions établir des coopérations dans le domaine des échanges des biens patrimoniaux. On va trouver une issue, il n’y a pas tellement de problème. Il y avait des conventions à signer. La dernière n’est peut-être pas prête, mais la convention de 1970 est prête et puis l’Unesco va aussi nous aider, nous n’allons pas le faire seul », a expliqué Ange N’koué. L’autorité reconnaît tout de même que  la tâche ne sera pas facile, mais il y a espoir, il ne faut pas s’inscrire dans le négationnisme. « De toutes les façons,  nous on n’est pas dans la négation. Nous sommes dans la positivité et puis nous pensons qu’à l’issue des échanges, quelque chose va changer. Il faut attendre qu’on revienne, parce que d’ici le week-end, nous serons en France pour rencontrer non seulement les autorités françaises, mais aussi le clergé français. Parce que les prêtres missionnaires ont aussi des biens qu’ils ont saisis et qu’ils ont emportés avec eux et exposés à Lyon. On a découvert un musée entier fait par les prêtres à Lyon bourré de ces objets. Le clergé béninois est intervenu déjà pour demander à son homologue de nous aider à faire revenir tout ça. Seulement qu’on ne peut pas sortir toutes ces lettres et mettre ça à la place publique pour éviter que cela suscite de débats », a-t-il ajouté. C’est donc pour dire que le Bénin n’a encore rien perdu de cette affaire qui s’apparente désormais comme une lutte qu’il faudra gagner à tout prix pour la sauvegarde du patrimoine culturel national.

Louis Tossavi


   Des récades d’anciens rois du Danxomè ramenés et exposés au petit       musée à Lobozounkpa


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