Les
négociations se poursuivent avec espoir
L’information
est tombée dans la journée d’hier et a rapidement fait le tour du pays. Il
s’agit du supposé refus des autorités
françaises de restituer au Bénin une partie de ses trésors royaux. Le ministère
des affaires étrangères de la France estime que la France a ratifié la
convention de l’Unesco de 1970 et que la loi n’est pas rétroactive parce que
ces objets d’art dont parle le Bénin sont exposés dans les musées français
depuis plus d’un siècle. Mais joint dans l’après-midi d’hier, le ministre du
Tourisme et de la Culture a clarifié et a rassuré.
C’est
le 27 juillet 2016 que les autorités béninoises ont officiellement formulé
auprès des autorités françaises, la demande de leur restituer une partie des
trésors royaux pillés lors de la colonisation. Le Bénin tient par-là à
développer un tourisme ancré sur ses racines. A cette demande, les français ont
répondu. Selon le ministère des affaires étrangères de la France, ils ont
ratifié la convention de l’Unesco de 1970. Et puisque la loi n’est pas
rétroactive, la restitution ne serait
pas au programme. Mais joint au téléphone dans la soirée d’hier, le
ministre du Tourisme et de la Culture a tenu à clarifier les choses et a
rassuré. « Notre Président a saisi dans un premier temps le Président
François Hollande qui a demandé à ses ministres de prendre contact avec nous
afin qu’on commette un comité d’experts
pour voir les thèmes de coopération qu’on peut mettre en place. Ils n’ont pas
dit qu’ils refusent. Ils ont dit que ces biens sont soumis aux règles
d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité
et d’insaisissabilité établies
par la loi française. C’est une loi et il faut que nous puissions réussir à la
bousculer. Donc les autorités françaises nous attendent pour que nous puissions
établir des coopérations dans le domaine des échanges des biens patrimoniaux.
On va trouver une issue, il n’y a pas tellement de problème. Il y avait des
conventions à signer. La dernière n’est peut-être pas prête, mais la convention
de 1970 est prête et puis l’Unesco va aussi nous aider, nous n’allons pas le
faire seul », a expliqué Ange N’koué. L’autorité reconnaît tout de même
que la tâche ne sera pas facile, mais il
y a espoir, il ne faut pas s’inscrire dans le négationnisme. « De toutes
les façons, nous on n’est pas dans la
négation. Nous sommes dans la positivité et puis nous pensons qu’à l’issue des
échanges, quelque chose va changer. Il faut attendre qu’on revienne, parce que
d’ici le week-end, nous serons en France pour rencontrer non seulement les
autorités françaises, mais aussi le clergé français. Parce que les prêtres
missionnaires ont aussi des biens qu’ils ont saisis et qu’ils ont emportés avec
eux et exposés à Lyon. On a découvert un musée entier fait par les prêtres à
Lyon bourré de ces objets. Le clergé béninois est intervenu déjà pour demander
à son homologue de nous aider à faire revenir tout ça. Seulement qu’on ne peut
pas sortir toutes ces lettres et mettre ça à la place publique pour éviter que
cela suscite de débats », a-t-il ajouté. C’est donc pour dire que le Bénin
n’a encore rien perdu de cette affaire qui s’apparente désormais comme une
lutte qu’il faudra gagner à tout prix pour la sauvegarde du patrimoine culturel
national.
Louis Tossavi
Des
récades d’anciens rois du Danxomè ramenés et exposés au petit musée à
Lobozounkpa
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