Un Workshop expérimental pour le rendre visible
Depuis environ un an, le département des Arts de la Faculté
des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH) de l’université d’Abomey-Calavi
a été transformé en Institut National des Métiers d’Arts, d’Archéologie et de
la Culture (INMAAC). Les responsables de cet institut avec l’appui du
Fonds des Arts et de la Culture (FAC) ont initié il y a quelques semaines, un Workshop
expérimental (Atelier de travail) pour le rendre visible.
Rendre visible le département des Arts de la Flash de l’UAC
devenu Institut National des Métiers
d’Arts, d’Archéologie et de la culture (INMAAC) en montrant aux autorités et au
public ses activités. Tel est l’objectif de ce Workshop expérimental.
Effectivement cette structure qui est
d’une grande utilité pour le développement de la culture béninoise, n’est
pas connue du grand public, même des étudiants qui sont les premiers
concernés. Pendant plusieurs jours en effet, les étudiants, une
cinquantaine, étaient en atelier de
réalisation d’œuvres d’arts sous la houlette des experts des arts comme Coffi
Gaou et la sœur Henriette Goussikindey. Cette initiative qui est une première
dans l’histoire de l’Université nationale du Bénin (UNB) a permis aux étudiants
de l’institut de réaliser des œuvres qui ont été exposées au public. Quatre
filières sont ouvertes à l’INMAAC et forment en art plastique, art dramatique,
musique et en master de management de la culture et du tourisme. La première
promotion est sortie il y a un an. Pour le premier vice-recteur chargé des
affaires académiques de l’université d’Abomey-Calavi, le professeur Maxime da
Cruz, « Ce qui se fait dans ce département est l’exemple le plus élogieux
de l’obligation ». Ce professeur de linguistique a félicité les
responsables de l’institut pour leur détermination et leur courage, les élèves
pour leur talent. Maxime da Cruz pense que les étudiants de l’INMAAC ont choisi
les filières d’avenir. Il les rassure de
l’accompagnement du rectorat. L’INMAAC a à sa tête un duo dynamique, le professeur
Pierre Médéhouègnon le directeur et son adjoint Romuald Tchibozo ; sans
oublier les autres enseignants qualifiés et compétents.
Louis Tossavi
Prof Pierre Médéhouègnon, directeur de l’INMAAC
Des témoignages…
Fernand Nouwligbèto,
enseignant au département des Lettres Modernes et vacataire à l’INMAAC.
‘’ C’est une
première…c’est unique’’
« Je représente ici le département des Lettres Modernes.
C’est un évènement majeur et c’est unique dans l’histoire de l’Uac. C’est
unique parce que l’université est créée depuis des décennies et c’est ce jour
qu’on assiste véritablement à l’implantation d’un site pour ce département des
arts ou cet institut. C’est une première parce que nous avons ici en face de
nous les étudiants de cet institut qui
nous ont présenté leurs réalisations, tant dans le domaine du théâtre, de la
musique, de la sculpture que de la peinture. Nous pouvons dire que nous avons
maintenant une FLASH. L’UAC est même allée plus loin en détachant ce
département des arts de la Flash, en créant un institut à part. C’est une
excellente chose qu’on ne peut qu’encourager »
Pierre Médéhouègnon,
directeur de l’INMAAC
‘’ La première
condition pour intégrer l’INMAAC, c’est d’avoir le baccalauréat’’
« C’est d’abord l’intention de nous manifester pour nous
rendre visible. C’était le département des Arts et depuis environ un an, le ministère du tourisme et de la
culture a bien voulu transformer ça en
institut national des métiers d’arts, d’archéologie et de la culture. Nous
avons un site d’un hectare sur lequel nous sommes. C’était de la brousse ;
nous avons demandé au Fonds d’Aide à la Culture (FAC) de nous aider pour
attirer les journalistes, les autorités et le public vers ici pour montrer que
l’université a mis à notre disposition, un espace sur lequel nous pouvons
construire notre institut. C’est important pour nous parce que cela permet de chercher le financement pour réaliser les
divers bâtiments, les diverses infrastructures que nous voulons mettre ici. On
a prévu des amphis, des salles de cours, des studios de musique etc . Tout ceci va nous coûter dans un premier
temps 900 millions, suivra après un
autre grand projet qui va permettre d’équiper les bâtiments. Aujourd’hui, nous
avons une cinquantaine d’étudiants. La première condition pour intégrer
l’INMAAC, c’est d’avoir le baccalauréat avant de s’inscrire en licence. Nous
sommes en train d’étudier les possibilités de faire venir les professionnels
qui n’ont pas le bac, mais qui ont des talents, pour leur faire des formations
continues. Sur cette base, nous allons les prendre dans le Système des
Validations d’Acquis et d’Expérience, des validations d’acquis professionnels.
Tout cela est en cours et j’espère que d’ici la rentrée prochaine, nous allons
démarrer »
Romuald Tchibozo,
Directeur adjoint de l’INMAAC
‘’ On souhaite que les
partenaires viennent nous appuyer pour faire grandir notre école’’
« L’enseignement se déroule très bien à l’INMAAC. Nous
avons pour l’instant très peu d’enseignants permanents. Nous avons beaucoup
d’intervenants extérieurs, donc des vacataires. Notre doléance, c’est d’avoir
plus de collègues permanents pour que
l’enseignement se déroule comme souhaité. Le principal partenaire, c’est le
Fonds d’Aide à la Culture. Nous souhaitons élargir notre vision et nos
partenariats dans le pays, parce que c’est pour la première fois qu’un Institut
est mis en place au Bénin pour les métiers de la culture. On souhaite que les
partenaires viennent nous appuyer pour faire grandir notre école. Notre vision
est très ambitieuse, parce que c’est l’outil du développement culturel du
Bénin. C’est cet outil que nous allons utiliser pour transformer notre vision. Nos
besoins sont énormes, parce que nous avons un site mais nous n’avons pas
d’infrastructure. Nous n’avons pas encore les salles de cours, les bureaux, les
ateliers pour nos étudiants. Nous avons besoin d’un jeu complet d’orchestre
pour nos étudiants en musique. Nous avons des besoins de matériels pour les
arts plastiques, les arts dramatiques etc .
Comme nous avons le site déjà, nous sollicitons les partenaires pour nous
accompagner ».
Coffi Gaou, expert
‘’ Même si le FAC met
un milliard pour construire cet institut, il ne va pas regretter’’
« Quand moi je suis rentré en 1989, j’étais allé voir le
doyen de la Flash. Deux ou trois fois il m’a reçu. Ce que je disais en 1990,
c’est en 2016 que cela se réalise. Je suis content. Moi je ne savais même pas
qu’il a été créé un département des Arts à la Flash ; et il est même
devenu aujourd’hui Institut National des Métiers des Arts, d’Archéologie et de
la culture. On ne peut jamais évoluer sans la culture. La culture, c’est une
mine d’or à ciel ouvert à exploiter avec les arts inventifs et spéculatifs. Il
faut inventer et protéger pour que demain cela devienne de l’argent à monnayer.
Le travail manuel, c’est un travail concret. Cet institut a de fortes chances
de dépasser tous les autres que nous avons au Bénin. Parce qu’il y a du
concret. Moi je ne veux intervenir que dans les domaines où demain on va tirer
des professionnels. Même si le FAC met un milliard pour construire cet
institut, il ne va pas regretter. Nous sommes sur la bonne piste ».