mardi 21 mars 2017

Participation des As du Bénin au festival World Music and Dance aux Etats-Unis


«   Nous allons laisser des traces », dixit Stanislas Dègbo

La troupe les As du Bénin s’est envoilée le dimanche 19 mars 2017 pour Los Angeles aux Etats-Unis. Elle participe au festival World Music and Dance en compagnie de plusieurs pays du monde. Quelques heures avant leur départ de Cotonou, nous avions rencontré son président, Stanislas Dègbo qui nous parle dans cet entretien du processus qui a abouti au choix du Bénin et a fait part de leur détermination à vendre la destination Bénin à travers leurs prestations.


Comment est-ce que votre troupe a été retenue ?

Comme on a l’habitude de le dire chez nous, le travail bien fait est toujours payé et il faut aimer ce qu’on a choisi de faire soi-même. C’est ce qui a valu la sélection des As du Bénin Kanlintétémabou pour participer à un grand festival à Los Angeles aux Etats-Unis d’Amérique. Le festival est dénommé World  music and danse. J’ai été joint par un partenaire de l’Europe qui m’a fait part de ce que je devrais déposer un dossier pour mon groupe et surtout pour mon pays. C’est comme ça que j’ai envoyé un dossier des As du Bénin. Les critères étaient de voir le parcours de la troupe, la qualité de ses prestations et la richesse de la culture du pays qu’elle représente. Finalement nous avons été retenus parmi plusieurs pays d’Afrique qui ont aussi postulé comme la Côte d’Ivoire,  le Ghana, le Kenya qui aussi été retenu pour représenter l’Afrique à ce grand festival. C’est notre pays qui est à l’honneur. On dit As du Bénin, mais nous représentons toute une nation. Nous n’allons pas faire piètre figure. Nous allons donner le meilleur de nous-même,  histoire de continuer à décrocher ces invitations parce que c’est un festival auquel tout le monde n’a pas tellement accès. Selon ce que j’ai reçu comme information, c’est un comité qui siège pour les dossiers et qui procède à une sélection. C’est une chance pour le Bénin, pour les As du Bénin que je vais d’ailleurs remercier au passage. Ces artistes ont placé toute leur confiance en ma personne en tant que Chorégraphe et président de la troupe. Quand vous apprenez à des gens à danser, à jouer et qu’ils le rendent de façon mauvaise, c’est que vous êtes un mauvais maître. Je les encourage à faire mieux pour que nous puissions faire parler de notre pays au plan international. Ce qui me réjouit le plus¸ c’est que le gouvernement de la rupture, du nouveau départ ou du Bénin révélé veut œuvrer pour développer le tourisme béninois. Le président n’a jamais cessé de dire que nous devons vendre la destination Bénin. Donc par ces prestations que nous aurons à donner aux Etats-Unis, il doit y avoir forcément des touristes qui auront envie de venir chez nous. Ceci va aussi contribuer au développement de notre pays.

Quand on parle des As du Bénin, c’est combien d’années d’existence  et quels sont les grands prix obtenus à  travers le monde ?

Déjà à partir de notre pays le Bénin, les As n’ont jamais échoué à un concours depuis que la troupe est née il y a de cela 25 ans. A l’intérieur nous avons eu plusieurs prix. Je me rappelle du premier prix qui était un concours de danse, de chorégraphie dénommé Allouassi 94 où il y avait les plus grandes troupes du Bénin. C’était une initiative d’un ivoirien. Depuis, tous les concours auxquels on a pris part, nous avons toujours décroché des prix. En Europe¸ on a eu un premier prix en Espagne, lors de notre participation à un festival. Nous avons aussi décroché un prix pour les groupes de danse en herbe devant plusieurs autres pays d’Afrique comme le Ghana, le Nigéria etc. On a décroché pas mal de prix. Aujourd’hui, je suis fier de mon ensemble qui présente vraiment la culture béninoise avec une qualité de prestation qui est appréciée de tous les publics qu’on a eu à rencontrer dans notre vie artistique.

Vous serez combien de danseurs  à Los Angeles  pour représenter le Bénin?

J’ai pu sélectionner comme j’ai l’habitude de le faire 12 artistes, danseurs. Ça n’a pas été facile parce que la partie qui nous invite compte tenu de la cherté des billets d’avion  avait souhaité qu’on soit 10. Je leur ai dit que pour qu’elle est    la qualité et pour qu’il puisse avoir ce qu’ils ont vu en nous sélectionnant, il faut qu’on aille au moins à douze. Il s’agit de présenter et la musique et la danse. Et avant qu’on ne parle de chorégraphie, il faut un certain nombre de danseurs sur le podium, une seule personne ne fait pas une chorégraphie. Il y a une forte communauté béninoise à Los Angeles. Ils promettent venir nous soutenir et nous avons vraiment besoin de les satisfaire. Nous allons laisser des traces pour que les gens aient envie d’inviter des troupes béninoises.

 Le festival va démarrer quand et ça va durer combien de jours ?

Notre séjour c’est 15 jours. Dans la programmation qu’on nous a envoyée, les As du Bénin doivent prester normalement les 21, 23, 25 et 27 mars prochain. Nous avons deux jours de repos. Nous avons au moins 5 prestations à donner. Il y a des prestations de 12 minutes, 30 minutes et 40 minutes. Pour cette occasion nous avons choisi des danses comme le  ‘’Zinli’’, le ‘’Sato’’, ‘’le Sakpata’’, le ‘’Kaka’’, le ‘’Guèlèdè’’  et le ‘’Tèkè’’.  

Un dernier mot

Que la chance des Béninois nous accompagne afin que nous puissions les représenter valablement, parce qu’au-delà de tout, c’est le Bénin qui gagne.  Comme je l’ai dit au départ, nous n’allons pas faire piètre figure. A travers ce festival, nous allons démontrer que le Bénin est un grand pays et qui a une richesse incomparable, inestimable. Je dis merci aux journalistes culturels qui ne font que relayer ce que nous faisons. Sans vous, il n’y aura pas de visibilité sur le travail que nous faisons au niveau des troupes. Je remercie aussi le ministre du tourisme et de la culture Ange N’koué  pour son soutien moral. Je n’oublie pas notre parrain, M. Christophe Fangnon qui ne ménage aucun effort pour nous accompagner.   


Réalisation  Louis Tossavi

Stanislas Dègbo, président des As du Bénin

mardi 7 mars 2017

Supposé refus de la France de retourner au Bénin une partie de ses trésors royaux


Les négociations se poursuivent avec espoir

L’information est tombée dans la journée d’hier et a rapidement fait le tour du pays. Il s’agit du supposé  refus des autorités françaises de restituer au Bénin une partie de ses trésors royaux. Le ministère des affaires étrangères de la France estime que la France a ratifié la convention de l’Unesco de 1970 et que la loi n’est pas rétroactive parce que ces objets d’art dont parle le Bénin sont exposés dans les musées français depuis plus d’un siècle. Mais joint dans l’après-midi d’hier, le ministre du Tourisme et de la Culture a clarifié et a rassuré.

C’est le 27 juillet 2016 que les autorités béninoises ont officiellement formulé auprès des autorités françaises, la demande de leur restituer une partie des trésors royaux pillés lors de la colonisation. Le Bénin tient par-là à développer un tourisme ancré sur ses racines. A cette demande, les français ont répondu. Selon le ministère des affaires étrangères de la France, ils ont ratifié la convention de l’Unesco de 1970. Et puisque la loi n’est pas rétroactive, la restitution ne serait  pas au programme. Mais joint au téléphone dans la soirée d’hier, le ministre du Tourisme et de la Culture a tenu à clarifier les choses et a rassuré. « Notre Président a saisi dans un premier temps le Président François Hollande qui a demandé à ses ministres de prendre contact avec nous afin qu’on commette  un comité d’experts pour voir les thèmes de coopération qu’on peut mettre en place. Ils n’ont pas dit qu’ils refusent. Ils ont dit que ces biens sont soumis aux règles d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité  et d’insaisissabilité  établies par la loi française. C’est une loi et il faut que nous puissions réussir à la bousculer. Donc les autorités françaises nous attendent pour que nous puissions établir des coopérations dans le domaine des échanges des biens patrimoniaux. On va trouver une issue, il n’y a pas tellement de problème. Il y avait des conventions à signer. La dernière n’est peut-être pas prête, mais la convention de 1970 est prête et puis l’Unesco va aussi nous aider, nous n’allons pas le faire seul », a expliqué Ange N’koué. L’autorité reconnaît tout de même que  la tâche ne sera pas facile, mais il y a espoir, il ne faut pas s’inscrire dans le négationnisme. « De toutes les façons,  nous on n’est pas dans la négation. Nous sommes dans la positivité et puis nous pensons qu’à l’issue des échanges, quelque chose va changer. Il faut attendre qu’on revienne, parce que d’ici le week-end, nous serons en France pour rencontrer non seulement les autorités françaises, mais aussi le clergé français. Parce que les prêtres missionnaires ont aussi des biens qu’ils ont saisis et qu’ils ont emportés avec eux et exposés à Lyon. On a découvert un musée entier fait par les prêtres à Lyon bourré de ces objets. Le clergé béninois est intervenu déjà pour demander à son homologue de nous aider à faire revenir tout ça. Seulement qu’on ne peut pas sortir toutes ces lettres et mettre ça à la place publique pour éviter que cela suscite de débats », a-t-il ajouté. C’est donc pour dire que le Bénin n’a encore rien perdu de cette affaire qui s’apparente désormais comme une lutte qu’il faudra gagner à tout prix pour la sauvegarde du patrimoine culturel national.

Louis Tossavi


   Des récades d’anciens rois du Danxomè ramenés et exposés au petit       musée à Lobozounkpa


lundi 20 février 2017

Pour soutenir les enfants de son orphelinat


Cormellia annonce une série de concerts avec sa chorale d’Osny
  
(Elle pourrait animer la messe mariale du 15 août prochain à Dassa)

La chanteuse béninoise vivant en France  Cécile Adjibi Cormellia et sa chorale de gospel de la ville d’Osny seront au Bénin en août pour une série de concerts dans plusieurs villes. Durant ce séjour, Cormellia et ses invités passeront de bons moments en compagnie des enfants de son orphelinat « Notre dame de la divine miséricorde »  d’Adjarra afin de les soutenir et de leur donner de la joie au cœur.
                              
Selon Cormellia, l’arrivée de ses choristes au Bénin s’inscrit  dans la dynamique d’apporter de la joie dans les cœurs de ces enfants dont les parents n’existent plus et qui ont besoin d’amour. « On essayera de s’installer dans l’orphelinat parce que l’objectif du voyage c’est de rester avec les enfants, leur venir en aide. Dans la chorale il y a des médecins, des orthophonistes, des auxiliaires etc. Donc on va d’abord s’occuper de la santé des enfants. Nous allons leur faire découvrir le Bénin. Nous nous voyageons souvent, mais les enfants ne voyagent pas. Ils feront des voyages sur Cotonou, Porto-Novo, Parakou et autres villes », nous a confié la chanteuse lors d’un entretien il y a quelques jours à Cotonou. Ils profiteront pour  donner des  concerts à Cotonou, Adjarra, Porto-Novo, Parakou. Ses explications nous ont permis de comprendre que c’est fort probable que la chorale anime la messe mariale du 15 août au pied de la grotte mariale d’Arigbo à Dassa-Zoumè. « Nous allons commencer des actions de communication d’ici quelques mois. Que les gens viennent nous soutenir. Mes choristes seront heureux d’être entourés par la communauté béninoise » a-t-elle ajouté pour conclure.

La voix, ce qu’elle a de meilleur à offrir à Dieu
 
Cormellia est chanteuse, auteur compositeur originaire du Bénin plus précisément de Porto-Novo. Dès son plus jeune âge, elle s’est consacrée à la musique. Sa générosité active est sa meilleure façon d’aider ses semblables. Sa voix est ce qu’elle a de meilleur à offrir à Dieu. C’est ainsi qu’elle a commencé à se faire remarquer dans sa chorale Adjogan. A son arrivée en France, elle a séduit plus d’un surtout à l’occasion des célébrations de messe. Dès lors, elle s’ouvre à la polyphonie et au gospel en participant de façon active à des animations de certaines chorales. En 1999, elle fait partie  des choristes qui ont chanté le « requiem de Macé» à la Madeleine à Paris pour la lutte contre la mucoviscidose.
Cormellia a participé à plusieurs formations musicales sur Cergy et Osny tout en effectuant des déplacements en Italie, en Allemagne, Belgique, Espagne, Suisse et autres. La Béninoise a chanté dans la première manécanterie du Val d’Oise avec des répertoires riches et variés. En 2004 Adjibi Cécile fonde le groupe gospel de la ville d’Osny dont le répertoire comporte des classiques du gospel ainsi que des chansons en provenance de l’Afrique de l’Ouest et des morceaux  gospels spécialement écrits par elle-même. Elle compte à son actif plusieurs albums et des singles. On peut citer pêle-mêle « Destiné » en 2001, « Didé Jazz » en 2008, « Didé Africain » en 2009, « Ayhoun » en 2011, « La vie » en 2012 et le single « LZ pour les élections au Bénin » en 2016. Il faut souligner qu’en dehors de la chorale d’Osny, Cormellia est aussi la responsable de la chorale de l’Eglise Saint Brice sous Foret.

Déjà de nombreuses actions en faveur de l’orphelinat
   
Elle a déjà fait de nombreuses actions à l’endroit de l’orphelinat « Notre dame de la divine miséricorde »  de Adjarra dans l’Ouémé, le centre de santé de Kotopounga dans le nord Bénin et l’association Cmafête à Cotonou à l’occasion de la fête de Noël. Des dons ont été offerts et des infrastructures ont été construites à certains endroits. Adjibi Cécile est la directrice de l’orphelinat de Adjarra depuis 4 ans.
C’est d’ailleurs au vue de toutes ses actions que l’Organisation des Jeunes pour l’Unité et la Paix en Afrique (OJUPA-Afrique) l’a ciblé pour la distinguer. Elle avait reçu à cet effet, le trophée « Femme battante » et une attestation. C’est une ONG qui promeut la paix en Afrique. « Nous avons suivi un peu Cormellia dans ses actes de promotion de la paix et tout ce qu’elle fait pour la promotion de la femme africaine et ses actions à l’endroit des orphelins. C’est ça qui nous a vraiment motivé à la choisir et à la distinguer », avait déclaré le président de l’ONG Onésime Houngbo.

Louis Tossavi

                                                       Cormellia 






Sortie discographique


Le groupe Lando  et Dodo Band lance « FIFA »



Le groupe de reggae Lando et Dodo Band a officiellement mis son premier album sur le marché discographique béninois. C’était le samedi dernier  à la faveur d’une exposition-vente précédée d’un méga concert  sur l’esplanade de la place des Martyrs à Cotonou.

En 2012, huit jeunes chanteurs béninois se sont réunis pour former un groupe reggae unique.  Lando, Marth José, Dani, Moïse, Expedit, Toussaint, Emile et Ghislaine plus que c’est d’eux qu’il s’agit conjuguent leurs  talents et leurs efforts pour faire de la musique leur canal de communication privilégié. Etant donné qu’ils se connaissent  depuis une dizaine d’années et évoluaient en solo dans différents styles musicaux, ils décident alors d’associer les univers de chacun pour faire ce qu’ils aiment le plus, leur passion, la musique reggae, la musique « rastat ». C’est alors qu’est né le groupe Lando et Dodo Band. En langue fon, « Dodo » veut dire la source, l’originalité, la véracité.  C’est aussi le do, note de musique, juste doublée. « Band » signifie en anglais « le groupe ».
Seul groupe créatif de reggae à Cotonou, Lando et Dodo Band propose sur scène des spectacles qui ne laissent personne indifférent, en témoignent leurs derniers concerts sur les scènes nocturnes de Cotonou. Le Groupe conscientise avec des textes composés par Lando autour de sa devise : « paix, amour, grogne ». Il fait rayonner la bonne humeur et touche les cœurs grâce à une musique spirituelle et  inspirée.
Après plusieurs années de travail, le groupe finalise son premier album composé de 10 titres dont le titre éponyme « FIFA » qui signifie la paix, « Unity », « Politique », « Job », « Kambio », « Salimata ». Avec ce premier album, le groupe Lando et Dodo Band  s’est donné comme mission de diffuser un message de PAIX. Les titres du disc   parlent de sujets du quotidien des populations et véhiculent des  messages sur la paix et l’harmonie. Il s’agit par exemple de la stabilité au sein des foyers, de l’unité des peuples,  l’amour et les religions, l’engagement citoyen, la politique, etc.
Et c’est dans une ambiance conviviale et accessible à tous que le concert-lancement a eu lieu le samedi dernier à la place des Martyrs en présence des milliers de spectateurs. Dans un décor impressionnant, le groupe a fait le tour des chansons qui composent l’album à travers une prestation live qui a séduit plus d’un. Certains spectateurs nous ont même confié qu’ils ont apprécié la qualité du travail abattu par un groupe qui a commencé il y a quelques années seulement. Selon  le manager général du groupe Lando et Dodo Band, Fanny Grandval, après ce lancement, ils participeront à des festivals et donneront des concerts en Afrique et au-delà.

L’exposition-vente

Parallèlement à ce concert gratuit et déjà depuis la veille, c’est-à-dire le vendredi 17 février 2017, s’est  ouverte une foire-exposition d’artisanat et produits locaux qui a rassemblé des acteurs du mouvement Rastafari (artisans, producteurs), des organismes et entreprises faisant la promotion du « Consommer local et sain ». C’était l’occasion pour le public qui a effectué le déplacement de découvrir la beauté de l’artisanat local et le bon goût des produits alimentaires sains produits par les agriculteurs et entrepreneurs locaux. Les spectateurs sont repartis chez eux satisfaits  des produits découvrir et du spectacle offert gratuitement par le groupe Lando et Dodo Band. Et pour beaucoup, ces huit musiciens ont du talent et étonneront les mois à venir.

Louis Tossavi   

Le groupe Lando et Dodo et Band au grand complet


Le concert lancement du 18 février dernier

mercredi 21 décembre 2016

13eme édition du festival Kaléta et des arts Agouda


La fête des masques démarre vendredi à Ouidah

La 13ème édition du festival Kaléta et des arts Agouda se tiendra les  23, 24 et 25 décembre 2016 sur l’esplanade du Fort français à Ouidah. Cette édition sera placée sous le signe de la lutte contre le paludisme et le comité d’organisation se prépare activement pour offrir de bons spectacles de fin d’année aux populations de la ville historique.

« Les enfants contre le paludisme » (Kids Against Malaria), c’est autour de ce thème que va se dérouler la 13eme édition du festival Kaléta et des arts Agouda. Selon le délégué général, Wilfried Houndjè, c’est un évènement qui vise à promouvoir et à valoriser le patrimoine culturel Afro-Brésilien à travers les masques Kaléta et Bourian, à renforcer l’intercommunalité et le rapprochement des communautés à travers le patrimoine culturel Afro-Brésilien. Comme les années antérieures, plusieurs activités seront au menu de cette édition. Il s’agit entre autres de l’atelier de fabrication artisanale de masques kaléta avec les enfants du Centre International d’Art et de Musique  de Ouidah (CIAMO) qui a déjà commencé, des jeux concours, du grand carnaval des enfants composé  des groupes kaléta, bourian, kpodji-guèguè, fanfare, des groupes d’animation traditionnelle. Des expositions, des visites touristiques et le grand spectacle qui sera animé par les enfants du CIAMO le samedi 24 décembre 2016 sur l’esplanade du Fort français sont aussi au programme.

Pour la petite histoire, les masques « Bourian et Kaléta » sont d’origine brésilienne et sont parvenus au Bénin dès la première  moitié du XIXe siècle  avec le retour d’esclaves libérés. Ils  ont essaimé le long de la côte béninoise, de nouvelles activités professionnelles que d’innovations festives acculturées dont Kaléta qui a résisté au temps.


Louis Tossavi

              Des élèves du CIAMO en atelier de fabrication de masques 

mardi 13 décembre 2016

Entretien avec la chanteuse béninoise Assy Kiwah au sujet de la relance de sa carrière


« Je suis toujours dans la même logique et je travaille »


De son vrai nom Mireille Missainhoun, Assy Kiwah est l’une des meilleures chanteuses de sa génération. Elle a un peu disparu de la scène musicale, mais depuis quelques temps, elle travaille pour la relance de sa carrière. Nous l’avons pris en interview la semaine dernière. L’artiste nous parle de sa carrière et de sa participation à l’édition 2016 de A capella en tant que membre de jury.


Vous disiez dans un entretien que nous avions eu avec vous en 2014 que vous avez pris la décision de revenir sur scène. Les Béninois attendent toujours ce retour et veulent avoir des informations sur  Assy Kiwah.

Je suis toujours dans la même logique et je travaille. J'ai fait un concert à Africa Sound City de Jah Baba en mai dernier. En Juin c'était à l'Institut Français dans le cadre de la fête de la Musique. Donc le processus suit son cours.

Pensez-vous  à la relance de votre carrière ?

Oui j'y pense et je travaille ardemment pour. Nous sommes dans un pays où il n'y a pas de maison de production. On se bat seul.


Des concerts ou un album en vue ?

Oui

Vous aviez activement participé à la 4e saison de ACapella. Racontez-nous un peu

Oui c'était une belle expérience. On a fait le tour du Benin à la rencontre de nouveaux talents. J'avoue que ce n'était pas évident mais avec les autorités de l'ORTB et surtout la production ça s'est bien passé. On s'en est bien sorti

C’était difficile de juger les prestations de ces jeunes ?

Oui assez difficile parfois car, il y avait de la matière. On était toujours dans l'embarras puisque la sensibilité et la technique devrait être prise en compte pour trier les meilleurs. C'était fastidieux.

Ces candidats avaient-ils du potentiel ?
Il y avait d'énormes potentialités.... Je profite pour remercier l'ORTB pour cette émission. Détecter des talents bruts et les travailler est très noble. Et vous verrez dans les prochaines années les résultats de cette initiative.

Votre appréciation de l’initiative et de son organisation

C'est une très bonne initiative. Je remercie la production qui n’a ménagé aucun effort avec les maigres moyens dont elle dispose. Je souhaiterais que les sponsors se bousculent sur a capella afin d'en faire un instrument puissant pour détecter les talents.

Selon vous, qu’est-ce qu’il faut corriger pour améliorer les prochaines éditions de ACapella?

Il faudrait simplement que l'ORTB ait les moyens à travers les annonceurs et les sponsors car c'est très lourd de mettre les candidats en résidence. L'organisation serait meilleure s’il y a plus de moyens. Je souhaite longue vie à l'émission a capella.

Louis Tossavi

                                             Assy Kiwah

2ème édition du festival national des médecins intellectuels traditionnels et assimilés du Bénin


Hommage aux enfants du Dahomey déportés pendant l’esclavage


Le Syndicat National des Médecins Intellectuels Traditionnels et Assimilés du Bénin (Sy.Na.M.I.Tra.A.B) organise du 06 au 09  janvier 2017 dans la commune de Ouidah, la 2eme édition du festival national des médecins traditionalistes autour du  thème « Hommage aux anciens Béninois et Béninoises déportés vers les autres terres du monde pour le repos de leurs âmes ».

Durant la période de la traite négrière, beaucoup d’enfants du Dahomey ont été déportés vers l’Europe et l’Amérique surtout. Ces derniers ont  pour la plupart servi dans des champs de Cacao et de canne à sucre. Ils  ont mené une vie de boy avant de trépasser. Des Béninois, notamment les membres du Synamitraab se souviennent encore de cette période douloureuse. C’est pour cela que dans le cadre des festivités devant marquer l’édition 2017 de la fête du 10 janvier, ces intellectuels traditionnels ont initié plusieurs activités pour non seulement rendre hommage aux âmes des disparus, mais aussi aider au renforcement de la cohésion entre les peuples. La ville de Ouidah a été choisie à dessein pour abriter ces manifestations, parce que c’est une localité chargée d’histoire, quand on parle particulièrement de la traite de l’esclavage. En effet, Ouidah, pour la petite histoire, a été le point d’embarquement des esclaves vers les Amériques. Sur les 11 millions d’Africains exilés par la traite occidentale, environs 2 millions sont partis du Bénin. Les esclaves étaient rassemblés sur une place pour y être vendus. Puis, ils parcouraient enchaînés les quelques kilomètres qui les séparaient de la plage. Enchaînés les uns aux autres, ils montaient dans des canots pour être entassés dans les cales des navires avant la longue traversée vers le Nouveau Monde. Ouidah constituait en effet l’un des principaux ports d’exportation d’esclaves et plusieurs pays européens étaient présents sur place disposant même des forts spécifiques (fort français, fort anglais, fort hollandais, fort portugais etc.). La porte du Non Retour devenue un grand site touristique est aujourd’hui un symbole de cette traite de la race noire et sa déportation. A en croire, le premier responsable national du Synamitraab, le vénérable Alphonse Dansou Gazozo,  « Ouidah est une ville historique qui a connu des moments de gloire et de difficultés. Mais courageusement, elle est sortie tête haute de toutes les difficulté ».

Perpétuer la tradition…

La première fête du 10 janvier a été célébrée à Ouidah sous la houlette des feus Sossa Guêdêhouguê et Daagbo Hounon avec le soutien de l’ancien Chef d’Etat Nicéphore Soglo. Certaines associations de Hounon, après la mort de ces deux grandes figures de la tradition au Bénin, ont tourné dos à la fête des religions endogènes. Celui qui a oublié son histoire ne peut certainement pas avancer. Le Synamitraab a décidé de célébrer chaque 10 janvier avec comme point de départ, l’organisation d’un festival qui a lieu dans la ville de Ouidah, suivi d’activités touristiques. La première édition a eu lieu l’année dernière avec succès où sages, notables et les populations étaient sortis nombreux pour participer à la messe de l’ « église de la sagesse africaine Djowamon » de Savalou. L’évènement avait aussi reçu le soutien sans faille de Daagbo Hounon Houna II. Nous sommes à quelques semaines de la fête du 10 janvier et une fois encore l’évènement aura lieu comme d’habitude dans la ville historique. L’objectif visé est d’aider au renforcement de la cohésion et de l’amitié entre les peuples, participer au développement du tourisme pour rester dans la logique de l’actuel régime qui entend faire du tourisme un levier de développement. Peuvent prendre part à ces manifestations, toutes les filles et tous les fils du Bénin sans exception. Des autorités à divers niveaux sont aussi attendues. Les préparatifs vont bon train. Une forte délégation du Synamitraab a d’ailleurs rendu visite à Daagbo HounonHouna II et à Sossa Guêdéhouguê II à Ouidah et à Sahouè Dotou avant-hier.

Louis Tossavi

                     Sur cette image des esclavages en train d'être déportés